CINÉ-CLUB
François Truffaut, "L'homme cinéma"

 

" Je fais des films pour réaliser mes rêves d'adolescent, pour me faire du bien et si possible faire du bien aux autres. Pour beaucoup, le cinéma est une écriture ; pour moi, il sera toujours un spectacle, où il est interdit d'ennuyer son monde ou de ne s'adresser qu'à une partie de l'auditoire. Comme tous les autodidactes, j'entends d'abord convaincre. "
 
Une enfance profondément meurtrie marquée par sa naissance naturelle et une mère qui le rejette conduiront le jeune Truffaut hors de l'école, sur les chemins de la délinquance et des maisons de redressement. Littéralement " sauvé " par sa passion pour le cinéma, c'est d'abord auprès d'André Bazin puis des jeunes auteurs des Cahiers du Cinéma qu'il trouvera sa " vraie famille ", celle du cinéma.
Critique autant admiré que redouté, Truffaut passe à la réalisation dès 1959, avec Les 400 coups. Ce coup d'essai est un coup de maître et Truffaut s'impose comme un des leaders de la Nouvelle vague. Suivront de nombreux longs-métrages : Tirez sur le pianiste ; Jules et Jim ; La peau douce ; Farenheit 451 ; La mariée était en noir.
En 1968, Truffaut livre le 2ème volet des aventures d'Antoine Doinel avec Baisers volés et son acteur alter ego : Jean-Pierre Léaud. Quinze films lui succèderont, parmi lesquels : L'enfant sauvage ; Les deux anglaises ; La nuit américaine ; La chambre verte ; Le dernier métro ; La femme d'à côté, jusqu'à son dernier film Vivement dimanche, tourné peu avant sa mort en 1984.
Universellement admirée et respectée, la figure de François Truffaut domine l'histoire du cinéma français du XXème siècle. Aussi grand réalisateur qu'écrivain (son Hitchcock/Truffaut est le plus beau livre jamais consacré au cinéma), Truffaut est l'incarnation (avec Martin Scorsese) d'une destinée entièrement vouée au cinéma ; il est " l'homme-cinéma ".